E-reputation… vous êtes suivi !

Consciemment ou inconsciemment, chaque dirigeant bénéficie d’une e-réputation qui influe directement sur son image et sa valeur sur le marché. 

Prolifération des informations

L’information circule vite sur Internet mais de manière peu efficiente. La diffusion sur les réseaux sociaux du décès non vérifié de Martin Bouygues en est une dernière illustration. Si les moteurs de recherche facilitent la vie de tous les jours, ils ne nous affranchissent pas de trouver un chemin dans une forêt d’informations portant sur le même sujet, dupliquées comme dans un jeu de miroirs.

Ainsi la nomination d’un dirigeant parue dans Les Echos sera reprise par ses confrères de la presse de multiples fois, répercutée par des services spécialisées comme Nomination ou Who’s Who, poussée par les réseaux sociaux comme LinkedIn ou Viadeo auprès de ses contacts et par les services d’alerte comme Google Alerts auprès de tous ceux qui ont programmé une surveillance.

Un projet de plan social ou de fusion, évoqué sur un blog syndical, sera repris par le site d’un quotidien régional, fera l’objet de commentaires sur les groupes de discussion des réseaux sociaux jusqu’à devenir notoire sur son marché au grand dam de l’entreprise.

Conséquence sur son positionnement

Pour un dirigeant, cela veut dire que des informations sur son secteur, son marché, ses concurrents, son entreprise et sur lui-même alimentent régulièrement le net de façon directe ou indirecte. Autant de commentaires, plus ou moins autorisés, que de faits mal validés  étalés largement sur la place publique.

Dans le monde d’hier, un dirigeant donnait une vision cohérente de son parcours professionnel et la maîtrisait à travers un curriculum vitae, des entretiens en face à face et des références professionnelles. Dans le monde d’aujourd’hui, l’analyse des informations foisonnantes permet de questionner sa version des faits.

Des analyses plus approfondies

Dans un processus de recrutement ou de due diligence d’acquisition d’entreprise, la prise de références est un élément-clef pour croiser les points de vue. Quand elle se fait dans les règles de l’art, le dirigeant propose 3 à 5 noms de référents professionnels. Au moment défini en commun, ses référents sont interrogés selon un script chaque fois spécifique.

Cette approche traditionnelle est aujourd’hui complétée voire remise en cause par une analyse d’intelligence économique sur Internet qui s’articule en 4 volets :

  • La vérification de sa e-réputation professionnelle
  • La vérification factuelle de son parcours
  • La recherche libre en suivant le fil des informations
  • la recherche d’informations par mots-clefs sur son honorabilité.

Procéder à une telle vérification suppose de répondre systématiquement aux questions suivantes :

  • Quelles sont les informations qui pourraient être intéressantes ?
  • Comment peut-on y accéder ?
  • Quelle est la validité de l’information en fonction des sources consultées ?
  • Quelles analyses peut-on en faire ?
  • Quelles conclusions en tirer ?

Il y a donc une méthodologie dans un cadre légal et un vrai savoir-faire nourri par l’expérience que nous mettons à disposition de nos clients dans nos missions de conseil sur leurs ressources de management selon les situations.

Une plus grande justesse

La pratique nous montre que cette analyse permet de peser le poids des références professionnelles et de rééquilibrer la perception d’un dirigeant ou d’une équipe de direction auprès de notre mandant.

Certains dirigeants trop modestes ne mettent pas suffisamment en avant des réalisations significatives : un investissement majeur, une acquisition bien menée, un conflit social bien résolu, un nouveau produit en anticipation de la concurrence, un retrait bien ordonné d’un marché.

A l’inverse, d’autres dirigeants ou équipe de direction se survendent. La perception que c’est un dirigeant exceptionnel ou que l’équipe dispose d’un très bon track record s’estompe face à la réalité de l’enchaînement réel des faits. Dans ces situations le coût de la décision ou la décision elle-même de faire l’affaire peut être remis en cause.

Un atout supplémentaire

Pour tirer parti de cette évolution, un dirigeant doit être plus conscient de sa trace sur Internet. Il a besoin de connaître le profil qui se dégage des informations le concernant, des résultats des entreprises qu’il a dirigées, des secteurs économiques où il s’est formé.

En restant en veille sur les informations qui le concernent, il peut identifier et sélectionner celles qui l’aideront à se positionner : par exemple, tel investissement majeur réalisé médiatisé par un journal professionnel ou encore telle évolution stratégique d’un secteur dont il connaît les forces en présence.

Le dirigeant peut aussi être proactif sur le web et améliorer son sillage numérique. Séminaires, articles, présentations diverses, contributions dans des clubs d’affaires, profil LinkedIn bien documenté sont des manières d’augmenter sa visibilité et de se positionner au bon niveau, à condition de ne pas pécher par excès. Des agences de communication aident aussi à supprimer des traces indésirables sur internet.

Quelle que soit sa génération, le dirigeant d’aujourd’hui est plongé dans la réalité numérique. Sans le vouloir et sans le chercher, il est un dirigeant web 2.0. A lui de savoir en tirer parti et d’en faire un véritable atout au service de son projet professionnel.

Retour