En 2020, Diafoirus numérique ?

Le big data redistribue-t-il le pouvoir médical et va-t-il renvoyer le médecin vers un second rôle ? Que vaudra demain l’acte médical dans le monde numérique ? 

Un homme met 38 ans à lire toute la littérature scientifique quand un super ordinateur l’effectue déjà en une fraction de seconde. Dans 15 à 20 ans, les médecins seront confrontés aux systèmes experts pour poser un diagnostic.

Pourront-ils concurrencer la puissance de Google ou d’Apple, capables de générer en série des algorithmes et des objets connectés ? Ces mastodontes du numérique se concentrent aujourd’hui sur le diabète, la recherche moléculaire, la génomique.

Les médecins seront-ils un jour dominés par les algorithmes ? Signeront-ils des ordonnances qu’ils n’auront pas conçues ?

Heureusement après le diagnostic posé, le chirurgien aura toute sa place sur les pathologies opérables, même assisté d’un robot.

Peut-on raisonnablement se poser la question ?

Si le virus EBOLA ou son équivalent frappait Paris sans prévenir, de quel secours seraient les algorithmes de nos ordinateurs ?

Certes, les systèmes experts poseront des diagnostics et préconiseront des traitements mais la dimension humaine de la maladie, les échanges entre médecins et malades ne pourront pas être remplacés.

La somatisation de problèmes psychologiques ne rentreront pas dans le « cerveau » d’un ordinateur car aucun capteur ne remplace la parole et l’échange humain.

Les diagnostics seront plus vite posés. Il y aura moins de tâtonnements. Mais le malade aura toujours besoin d’une blouse blanche en face de lui pour prendre le temps de lui expliquer sa maladie et lui faire accepter son traitement.

Le médecin de chair et d’os doit s’adapter à ce monde et l’enseignement de la médecine aussi. Mais sa présence et son rôle sont et demeureront fondamentales pour guérir ses patients.

Notre pratique du recrutement de médecins privilégie l’épaisseur humaine et la qualité relationnelle. Car, au-delà de l’expertise médicale toujours nécessaire, ces qualités seront les conditions de leur réussite, plus que jamais à l’avenir.

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