Galanterie ou harcèlement ?

Ce qui n’était qu’une marque d’attention teintée d’humour pour l’un, est une parole ambigüe pour l’autre.

Un signe de sympathie pour l’un est un geste déplacé pour l’autre. Ces changements de registres, plus ou moins légers, font naturellement partie des relations quotidiennes entre hommes et femmes au travail. Où se trouve la frontière de la bienséance, entre galanterie et harcèlement ?

Etant belge, le badinage en milieu professionnel m’a surpris à mon arrivée en France. L’éventail de propos et de comportements observés entre hommes et femmes s’étend de la galanterie à la gauloiserie. Pour la plupart, il n’y a là rien de bien répréhensible.

Eurosearch s’est demandé si cette vision était bien partagée en Europe comme en France. Nous avons sondé nos partenaires internationaux et quelques clients français sur 10 comportements simples fournis par la vie quotidienne.

Echelle

Voici le classement des comportements, du plus normal au moins acceptable pour l’ensemble de notre échantillon. Chacun pourra se positionner spontanément dans cette échelle. 

Le comportement suivant … paraît normal ou acceptable à x % des sondés
• Ouvrir la porte à une personne de l’équipe pour la laisser passer 100 %
• Fermer la porte du bureau lors d’un entretien avec une personne de l’équipe 100 %
• Féliciter une personne de l’équipe d’avoir maigri et bronzé durant les vacances 78 %
• Raccompagner une personne de l’entreprise à son domicile 75 %
• Inviter une personne de l’équipe à dîner en tête à tête pour célébrer une promotion 40 %
• Poser la main sur l’épaule d’une personne de l’équipe pour l’encourager 40 %
• Prolonger une réunion de travail avec une personne de l’équipe en dehors des heures de travail et en dehors des locaux professionnels 32 %
• Donner des détails sur ses problèmes conjugaux à une personne de l’équipe 14 %
• Plaisanter avec une connotation sexuelle lors du retour de voyages de noces d’une personne de l’équipe 14 %
• Envoyer un mail sur le réseau professionnel à une personne de l’équipe en déclarant l’attrait qu’elle exerce 0 %

Interprétation

Tous les groupes humains ne sont pas aussi sévères sur ces sujets. Ainsi les hommes anglo-saxons sont plus tolérants que la moyenne des hommes, et les femmes anglo-saxonnes sont plus strictes. Inversement, les hommes français sont plus sévères et les femmes françaises plus modérées.

 Quelques comportements distinguent fortement les groupes :

Côté français, 80 % des hommes considèrent qu’inviter l’une des membres de son équipe à dîner en tête à tête pour célébrer une promotion est un comportement limite alors qu’il paraît normal et acceptable aux hommes dans les autres pays. La totalité des femmes françaises jugent anormal ou inacceptable de donner des détails sur ses problèmes conjugaux alors que 25% des femmes des autres pays l’acceptent.

Côté anglo-saxon, la totalité des hommes ou des femmes considère comme anormal ou inacceptable de féliciter une personne de l’équipe d’avoir maigri et bronzé durant les vacances, ou de poser la main sur son épaule pour l’encourager. 85% des répondants d’Europe Continentale ne voient rien à redire au premier et 45 % au second.

Ce sujet intègre vraisemblablement tout l’apprentissage à la vie sociale et professionnelle qui nous façonne les uns et les autres. Chaque comportement est un signe, un code que chacun décrypte selon sa culture, son éducation et son expérience propre. Une vision partagée émerge cependant au-delà des réponses individuelles, définissant un seuil de bonne conduite dénué d’ambiguïté et de séduction réservées à d’autres lieux.

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