La femme est-elle l’avenir du Brésil ?

Eurosearch et Associés accompagne ses clients au Brésil.

Nous avons demandé à Nikita Droin, ancien directeur général de Nestlé Waters Brésil, aujourd’hui conseil en investissements dans ce pays, de nous en livrer une spécificité remarquable : le rôle des femmes dans la croissance du marché.

Avec 4 % de croissance annuelle moyenne depuis 10 ans, le Brésil aspire à prendre dans les tout prochains mois la place de la France au pied du podium des nations les plus riches du monde. La France a aussi placé ce pays sur le haut de sa liste de priorités. Elle y a indéniablement un rôle à jouer mais sa réussite dépendra de sa capacité à appréhender la réalité locale, ses relais de croissance comme ses freins structurels.

Le miracle brésilien s’est produit avec l’émergence construite d’une classe moyenne représentant aujourd’hui 50 % de la population soit près de 100 millions de personnes. C’est désormais le marché intérieur (avec 83 % de PIB) qui tire l’économie brésilienne sans que celle-ci ne perde pour autant son rang de pays exportateur.

Toutefois la machine tropicale lancée à pleine vapeur demande une réserve constante en carburant pour alimenter sa course. Sans une attention particulière au niveau de ses ressources disponibles, l’arrêt pourrait être brutal. La disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée mérite l’attention de tout investisseur attiré par le Brésil.

La dernière étude du Hay Group montre que le salaire moyen des cadres dirigeants est désormais près du double de celui de leurs homologues européens. La règlementation renforcée du permis de travail des étrangers qui nourrit à court terme une inflation des salaires, a pour objectif premier de favoriser sur le long terme le développement des compétences locales.

Aussi, l’une des principales réponses à ce besoin de compétences réside dans le renforcement naturel de la participation des femmes à l’encadrement brésilien. Ce développement s’explique aussi bien par des raisons culturelles, (la place de la femme dans la société brésilienne), que structurelles, allant du besoin d’un second revenu à la nécessité par exemple de transmettre une entreprise familiale. Il exclut par ailleurs tout recours à des mesures règlementaires.

Depuis 7 ans, le nombre de femmes cadres dans les meilleures sociétés brésiliennes a augmenté de 40 % pour atteindre aujourd’hui 37 % de l’encadrement. Ceci ne concerne pas seulement l’échelon intermédiaire et n’est plus limité à certains secteurs historiques comme le journalisme, les professions libérales ou la publicité. A l’image de la Présidente de la République et de la Ministre de l’Intérieur, il n’est pas rare de trouver des femmes aux plus hautes fonctions des sociétés industrielles (e.g. Petrobras, General Motors do Brasil).

Enfin, cette présence féminine dans les hautes sphères des affaires brésiliennes n’aurait sans doute pas pu se concrétiser sans certaines facilités d’organisation pour la vie familiale et la prise de conscience par le monde des affaires de l’importance d’assurer l’équilibre entre les sphères personnelle et professionnelle.

Parallèlement, le pays s’attèle avec vigueur à la formation. Les fondations telles que Dom Cabral et Getulio Vargas, en relation étroite avec les principales universités américaines et européennes s’efforcent de proposer des systèmes de formation continue à l’encadrement supérieur tout au long de la vie professionnelle.

Conscient des facteurs humains qui pourraient limiter son essor, le Brésil n’oublie pas de conjuguer la formation pour tous et toutes avec une plus grande équité dans le niveau de rémunération à compétence équivalente, faisant ainsi de l’accès des femmes aux postes de direction l’un des leviers les plus puissants de son développement.

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