L’aube d’un jour nouveau

Comme toute révolution technologique, le Cloud Computing est un modèle économique dont les conséquences ne sont pas encore toutes bien cernées.

D’où vient cette révolution annoncée ? Quelles sont les premières conséquences pour la transformation des entreprises ?

Alors que les entreprises utilisent Windows depuis bientôt 25 ans, le grand public n’a adopté l’usage de l’informatique que plus récemment, avec l’émergence d’Internet. Le premier milliard d’internautes est entré sur Internet via un écran d’ordinateur, le second milliard par le téléphone… Les analystes prévoient que les achats de « smartphones » dépasseront les achats d’ordinateurs dès cette année.

Cette tendance s’accompagne d’une multiplication des accès directs aux services sur Internet sans passer par un navigateur : par exemple, un simple click sur votre iPhone vous conduit sur votre page Facebook. Les nouvelles générations ne « vont plus sur Internet » car elles y baignent comme dans l’air ambiant.
Ce phénomène, appelé en anglais Consumerisation of IT, pourrait être qualifié de prise de pouvoir sur l’informatique par le grand public. En tous cas, il bouleverse les modèles informatiques traditionnels des entreprises dont les salariés, et pas uniquement les jeunes diplômés, sont souvent mieux équipés à la maison qu’au bureau, et s’étonnent de ne pas trouver en entreprise des applications aussi conviviales et performantes que chez eux.

Aujourd’hui ce fossé peut être comblé. Il existe de plus en plus d’applications « clés en mains » accessibles via Internet pour les entreprises : ces applications sont appelées Software As a Service, SaaS en abrégé, et sont offertes comme un pur service, sans aucun serveur à installer. Ce marché colossal est estimé par Markess International à 3,3 milliards d’euros en France d’ici 2013 !
D’autres analystes estiment qu’en 2015, les choix de nouvelles applications se feront à 65 % en faveur de solutions SaaS. Dès aujourd’hui, l’informatique collaborative en mode SaaS est mûre. Ce type de logiciels, similaires à Facebook, permet à certains de prédire la disparition de la messagerie électronique, une des applications les plus anti-productives qui soit. De même, toutes les fonctions « support » disposeront d’une offre SaaS : le CRM, le marketing, la gestion des RH, le contrôle de gestion et le budget, la gestion de projets, etc.

Au début du 20e siècle, l’industrie a mis 30 ans pour passer de la production interne d’énergie dans les usines, à l’achat d’électricité produite ailleurs ! On prédit seulement 15 ans pour atteindre le même résultat dans l’industrie informatique… Sans aucun doute possible, nous sommes donc « à l’aube d’un jour nouveau » !

Quels sont les avantages et les risques de cette rupture ?

Contrairement à une idée généralement reçue, les données de l’entreprise sont plus sécurisées en mode « SaaS », pour autant que l’on s’adresse à un éditeur démontrant toutes les garanties nécessaires : les investissements colossaux nécessaires à la sécurité des espaces de stockage, des serveurs, et des logiciels, sont en effet amortis sur des volumes considérables et donc plus supportables.

Toujours dans les avantages de ces solutions, on trouve : l’élimination des investissements, ce qui permet de libérer des capitaux et d’alléger son bilan, l’impossibilité pour les utilisateurs de demander sans cesse des modifications (une garantie « antibricolage »…), des coûts et délais de mise en oeuvre fortement réduits (de l’ordre d’un facteur 10…), la facilité d’accès avec un poste de travail banalisé, et la focalisation sur l’usage de l’outil plutôt que son développement et sa mise au point.
Côté risques, on peut citer la possible inflation des coûts d’utilisation par un manque de contrôle de la consommation et la difficulté psychologique à supporter de ne pas avoir ses données propriétaires chez soi !

Pour conclure sur ce sujet, posons-nous la question suivante : à partir de quand nos parents ont-ils considéré qu’il serait plus prudent de déposer leur argent à la banque au lieu de le conserver sous leur matelas ?

En collaboration avec Pol Evlard

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