Les enjeux du secteur privé de la santé

Le secteur de la santé, plus précisément les soins en Médecine, Chirurgie, Obstétrique (MCO).

attire depuis plusieurs années de puissants investisseurs comme la Générale de Santé, Ramsay Healthcare, 3i, Apax, Blackstone, Bridgepoint.

Le secteur privé MCO représente sans doute plus de 40% de l’offre de soins en France. Cinq groupes se distinguent par leur taille et comptent dans leur portefeuille entre 15 et 100 établissements.

Les attraits du secteur perçus par les investisseurs sont clairs : un marché en concentration sans nouveaux entrants déclarés, une demande en croissance par le jeu croisé du vieillissement de la population, d’un taux de natalité relativement fort, des progrès de la science et des techniques médicales, enfin des opportunités d’arbitrage immobilier.

Et pourtant, les contraintes du secteur sont nombreuses même si certains investisseurs les ont découvertes « en marchant ».

Les plates-formes techniques demandent de lourds investissements. Le contrôle des dépenses de santé et les contraintes tarifaires sont en permanente évolution et soumises aux décideurs politiques. Les flux de trésorerie sont largement entre les mains des financeurs du secteur (Assurance Sociale, Assureurs, Institutions de Prévoyance, Mutuelles). La rationalisation économique des différents intervenants et la recherche de la performance opérationnelle sont à équilibrer avec des attentes naturelles de sécurité, de qualité et d’humanité.

Au niveau des établissements, les Autorités Régionales de Santé, autorités de tutelle directe, imposent des projets médicaux de territoire aux acteurs privés et publics qui doivent s’y conformer au risque d’être exclus du jeu.

Notre pratique nous montre que le succès d’un tel investissement dépend grandement des choix en matière de gouvernance. Elle sera d’autant plus crédible et efficace qu’elle sera constituée par un duo fort (un profil gestionnaire et un profil médical en relation avec les tutelles). Ce tandem s’appuie sur un comité de direction léger et des directeurs d’établissement aguerris.

Au niveau du groupe, le besoin d’un leader est primordial pour aligner les directeurs d’établissement à la stratégie définie. L’impact des directions fonctionnelles du siège est plus faible que dans les autres secteurs à l’exception des directions du contrôle de gestion et des achats.

Pour les établissements, il est primordial d’avoir des binômes intelligents. D’un côté, un directeur d’établissement qui soit à l’aise et impactant sur la gestion, les tutelles et le corps médical. De l’autre, un président de la Commission Médicale d’Etablissement, la CME, qui porte le projet médical et fédère le corps médical, tout en étant ouvert à la rationalisation économique et à l’excellence opérationnelle.

Sur ce dernier point, les médecins et les chirurgiens reconnus dans leur spécialité constituent le pivot de l’établissement. Ils sont les vecteurs du développement de la patientèle. Leur technicité et leur compétence sont déterminantes pour se positionner en pôle d’excellence, facteur unique de performance de l’établissement sur son marché. Ils sont donc le moteur commercial des établissements.

L’équilibre entre la gouvernance, les « patrons » de clinique, et le corps médical et paramédical, est une alchimie fine qui est la clé du succès. Nous contribuons pour ces investisseurs à réunir les bonnes ressources de management et à adapter les structures afin d’en tirer tout le parti possible.

Jean Dermersedian

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