Responsabilité Sociétale, quelques angles de vues par fonctions

Le Grenelle II étendra progressivement à toutes les entreprises de plus de 500 personnes l’obligation déjà faite.

Depuis 2001, à une entreprise cotée de «transmettre des informations sur ses engagements sociétaux en faveur du développement durable».

Que signifie être socialement responsable ? Selon le livre vert publié par la Communauté Européenne en 2001, cela consiste non seulement à satisfaire pleinement aux obligations juridiques applicables, mais aussi à aller au-delà et à investir « davantage » dans le capital humain, l’environnement et les relations avec les parties prenantes.

La normalisation internationale avec l’ISO 26000 « Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale » (novembre 2010) propose une démarche volontaire qui est applicable par tous types d’organismes. Ayant pour but le développement (sustainable development), une telle approche a l’ambition de concilier le changement et le développement social avec une compétitivité accrue et pérenne.

La Responsabilité Sociétale des Entreprise (RSE) implique une révolution du regard managérial : une vision plus transversale et plus globale qui impose aux administrateurs, aux dirigeants et aux managers de dépasser leurs champs d’expertises traditionnelles pour intégrer dans leur réflexion toutes les parties prenantes, clients et fournisseurs, riverains et citoyens, administrations et ONG.

Etant donné son périmètre, la RSE est d’abord une responsabilité de Conseil d’administration, qui est le garant d’une gouvernance adaptée. Celui-ci doit revoir l’analyse des risques sous l’angle du développement durable, en matière d’accès aux marchés, de fiscalité, d’image institutionnelle. Il peut saisir les opportunités de créer une valeur partagée avec les parties prenantes, par exemple en faisant évoluer son modèle économique en incorporant des services associés. Enfin il doit veiller à une prise en compte réelle du capital humain dans la stratégie de l’entreprise, notamment en termes de diversité d’origines parmi les collaborateurs et au sein même du Conseil.

La direction générale est l’animateur opérationnel des différentes fonctions de l’entreprise autour des enjeux du développement durable. Elle donne le ton et doit impulser la réflexion des dirigeants pour stimuler les innovations sociétales et proposer une vision de l’entreprise aux actionnaires comme aux collaborateurs. En s’appuyant sur un état des lieux, elle doit mesurer les performances à la fois économique, sociale et environnementale et fixer un niveau d’ambition. Elle doit ancrer cette approche dans les valeurs de l’entreprise.

Si la taille de l’entreprise le permet, une fonction de Responsable DDRS (Développement Durable Responsabilité Sociale) peut être attachée à la direction générale. Elle est alors chargée de veiller aux évolutions de la réglementation et des normes, d’inspirer et de coordonner une démarche structurée, de mettre en oeuvre des dispositifs d’évaluation et de labellisation, de coordonner un rapport annuel et de contribuer à la communication institutionnelle.

Chaque fonction a son rôle et ses contributions spécifiques. A titre d’exemple :

  • La direction financière est tenue d’intégrer les aspects du développement durable dans son rapport annuel de gestion et dans la communication institutionnelle.
  • La direction marketing et commerciale veillera à intégrer dans l’argumentaire de vente les bénéfices de ses produits en matière de développement durable, tout en évitant le greenwashing.
  • La direction R&D développera l’éco conception des produits en procédant à une analyse de leur cycle de vie pour abaisser leur coût total de possession et leur empreinte environnementale.
  • La direction des achats contribuera à l’organisation de la filière professionnelle afin de déboucher sur un meilleur partage de la valeur entre les acteurs du cycle de vie. Ils privilégieront, chaque fois que possible, des achats durables, c’est-à-dire solidaires, équitables ou éthiques.
  • La direction de production devra savoir justifier l’externalisation de ses activités à risque vis-à-vis des acteurs du territoire et assurer une traçabilité responsable de ses produits.
  • La direction des ressources humaines veillera à renforcer le dialogue en mesurant sa performance sociale : intégration des risques psychosociaux, diversité du recrutement et des carrières, gestion des seniors… Elle intègrera les objectifs en matière de RSE dans le calcul des rémunérations variables et de l’intéressement.

Ce panorama sommaire illustre que la RSE oblige à plus de hauteur dans le regard porté sur le développement de l’entreprise. Elle présente l’opportunité de renforcer le « projet d’entreprise » en lui donnant une valeur partagée, dans un climat social fondé sur une co-responsabilité.

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