SECTEUR A LA LOUPE : Les conseils d’administration dans le secteur mutualiste : une approche différente

Les mutuelles ont en commun un mode de gouvernance original qui repose sur la place particulière de la personne au sein de la structure. Le sociétaire donne de lui-même, s’engage bénévolement dans une grande diversité de secteurs notamment dans l’assurance dommage et la santé.

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Chaque bénévole participe à la gouvernance de sa mutuelle, en votant en Assemblée Générale. Il peut s’impliquer de manière directe et personnelle pour en devenir administrateur.

Les conseils d’administration des mutuelles ou les bureaux dont ils émanent peuvent être vus par les dirigeants comme des contributeurs directs à la performance et à la bonne gestion de la mutuelle, parce que l’engagement des administrateurs est tout particulier. Ils ont une très grande proximité naturelle, voire une identification à la mutuelle.

Le profil d’un administrateur dans le secteur mutualiste n’est pas le même que celui dans une société anonyme. Souvent sorti du rang, il peut ne pas avoir de formation de premier niveau. C’est rarement un professionnel du secteur. Sa légitimité provient de son engagement et de son élection sur le principe d’un homme une voix et non pas du nombre d’actions qu’il détient ou représente.

Son honorabilité personnelle ne diffère en rien de celle attendue pour une société anonyme. De même, le niveau de compétence collective du Conseil est identique – en appliquant le principe de proportionnalité – à toutes les entreprises.

Mais l’appréciation de sa contribution individuelle à la compétence collective du Conseil – principe de complémentarité – requiert une approche différente.

Dans une société anonyme, on attend une contribution immédiate de l’administrateur qui se fonde sur une expérience professionnelle sectorielle, l’apport d’une compétence acquise de manière évidente, la mise à disposition d’un carnet d’adresses existant.

Dans un environnement mutualiste, la contribution d’un administrateur est plus progressive et dépend de la réalisation de son potentiel.

Ce potentiel peut être évalué avec rigueur et bienveillance : expériences professionnelles, mutualistes ou associatives, parcours dans les instances internes, expositions à des problématiques de gestion, mais aussi savoir-être, savoir-faire, volonté et capacité d’apprentissage, talent de communication.

Son rôle de communicant doit être fortement valorisé car l’administrateur assure à la fois la remontée d’information de la base vers les organes de direction et la pédagogie « descendante » vers les adhérents, les clients.

Des moyens d’accompagnement peuvent être identifiés et mis en œuvre dans les premières années du mandat. La durée des mandats le permet. Des formations sont organisées par de nombreux acteurs, pour préciser les rôles et devoirs de l’administrateur, compléter sa compréhension du fonctionnement de l’entreprise, du secteur, appréhender les risques notamment réglementaires comme Solvency 2.

Il peut compter sur la solidarité active des administrateurs plus expérimentés dans ce rôle, pour le guider dans sa prise de fonction et aborder les missions fixées par le cadre des statuts ou du règlement.

C’est dans cette approche très spécifique, lors de la préparation du renouvellement des administrateurs, qu’Eurosearch & Associés accompagne des mutuelles dans leurs réflexions sur l’amélioration de la performance collective de leurs conseils d’administrations.

Anne-Marie Blayo
Partner Eurosearch & Associés

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